Quel est exactement le rôle de Prevention & Interim dans le secteur de l’intérim ?
Prevention & Interim (PI) a été créée il y a 25 ans en tant que service de prévention central pour le secteur de l’intérim. Les agences d’intérim sont obligatoirement affiliées à ce service et reçoivent un soutien pour permettre aux intérimaires de travailler de manière sûre et saine chez des employeurs dans divers secteurs. La mission principale de PI est de réduire les accidents du travail et de protéger la santé des intérimaires grâce à des formations, des conseils et informations, des recherches scientifiques et des actions de sensibilisation.
Quels sont aujourd’hui les plus grands défis en matière de bien-être pour les intérimaires ?
Bien que le nombre d’accidents du travail chez les intérimaires ait diminué de plus de 65 %, le risque reste plus élevé que pour les travailleurs engagés sous contrat fixe. Cela s’explique surtout par la nature du travail intérimaire : les intérimaires sont souvent affectés successivement chez différents employeurs et dans des environnements de travail nouveaux. Ce changement constant rend plus difficile l’appropriation des risques et des procédures de travail. Un bon accueil dès le premier jour de travail est donc essentiel pour prévenir les accidents. Il est tout aussi important d’assurer un échange d’informations clair et complet entre l’employeur et l’agence d’intérim avant le début de la mission. La fiche poste joue un rôle central à cet égard.
Que peuvent concrètement faire les agences d’intérim pour limiter les risques ?
Pour les agences d’intérim, la réduction des risques commence par une bonne connaissance de l’employeur. Cela implique de vérifier s’il respecte effectivement ses obligations en matière de bien-être, par exemple en visitant le lieu de travail ou en recueillant les retours d’intérimaires déjà en poste. Il est également essentiel de vérifier que toutes les informations reprises sur la fiche poste sont complètes. Une fiche incomplète est souvent le signe qu’un employeur ne respecte pas pleinement ses obligations en matière de bien-être.
Observez-vous des évolutions dans les contrôles des services d’inspection sociale auxquelles les agences doivent prêter attention ?
L’inspection sociale accorde de plus en plus d’importance à ces éléments. Lors des contrôles, il est systématiquement vérifié qu’une fiche de poste est disponible lorsqu’il existe des risques pour la santé. Il est également examiné si l’accueil de l’intérimaire a été correctement enregistré et dans quelle mesure les agences consultent la base de données centrale. Celle-ci est utilisée pour vérifier l’existence éventuelle d’attestations d’aptitude valides. Ce n’est que si aucune information n’est trouvée qu’un examen médical est organisé.
Si vous étiez ministre du travail pour une journée, quelle mesure prendriez-vous en matière de bien-être ?
Une mesure importante serait d’obliger les employeurs à établir une fiche de poste pour tous les travailleurs. Cela impliquerait une analyse des risques approfondie par groupe de postes identiques et une définition claire des mesures de prévention. Pour les agences d’intérim, cela garantirait un accès immédiat à des informations correctes et complètes, facilitant leur travail. L’inspection pourrait alors se concentrer davantage sur la qualité de l’analyse des risques à la base de ces fiches. Cela renforcerait la prévention à la source et améliorerait durablement les conditions de travail.