Quel est le rôle de Travi dans le secteur de l’intérim et comment le fonds soutient-il concrètement les agences d’intérim ?
Travi souhaite soutenir au maximum le développement des intérimaires en leur donnant accès à des formations pertinentes. Nous les aidons ainsi à renforcer leurs compétences et à répondre aux besoins du marché du travail. En tant que fonds de formation reconnu pour les intérimaires, Travi est l’interlocuteur de référence pour toutes les agences d’intérim en Belgique concernant les questions liées à la formation des intérimaires et des candidats intérimaires.
Quelles primes/incitants existent aujourd’hui pour les entreprises d’intérim en matière de formation des intérimaires ?
Pour les intérimaires disposant d’un contrat, il existe deux canaux de formation. D’une part, il y a Trainyourtemps. Via ce système, les entreprises d’intérim peuvent obtenir un incitant financier aussi bien pour les formations sur le terrain que pour les formations externes. Cela concerne tant les coûts salariaux que les frais de formation.
D’autre part, Travi collabore avec une dizaine de fonds sectoriels, notamment dans les secteurs de l’alimentation, du métal, du textile et des garages/carrosseries. Grâce à ces accords, les intérimaires ont accès à l’offre de formation de ces secteurs. Les entreprises utilisatrices peuvent ainsi inscrire ensemble leurs collaborateurs fixes et leurs intérimaires aux mêmes formations.
Pour les candidats sans contrat, il existe Learn4Job. Les entreprises d’intérim peuvent demander le remboursement des factures de formation des candidats formés via leur intermédiaire. En outre, Travi propose également de nombreuses formations gratuites via un calendrier de formations ouvert.
Quels sont aujourd’hui les principaux besoins en formation des intérimaires et des agences d’intérim ?
Nous constatons surtout une forte demande de formations dans le secteur logistique. Les formations de caristes et conducteurs de reachtruck se distinguent particulièrement. Il existe également un grand intérêt pour les formations en sécurité, comme le VCA, ainsi que pour les formations HACCP dans le secteur alimentaire. La qualification professionnelle des chauffeurs reste également un point d’attention important.
Nous observons aussi une demande constante de profils techniques, tels que les opérateurs. Par ailleurs, Travi reste ouvert aux formations sur mesure. Nous avons par exemple organisé par le passé une formation au service du thé chinois pour des intérimaires travaillant au Pavillon chinois de Pairi Daiza.
Dans quelle mesure l’apprentissage tout au long de la vie joue-t-il un rôle dans le secteur de l’intérim, et comment Travi l’encourage-t-il ?
Dans un marché du travail tendu, l’importance de l’apprentissage continu n’a jamais été aussi grande. Former devient de plus en plus le nouveau recruter. Les entreprises d’intérim qui investissent dans le potentiel de croissance des intérimaires renforcent non seulement leurs talents, mais aussi la qualité de leurs services aux clients. Investir dans la formation est donc plus que jamais rentable, et Travi souhaite les soutenir pleinement dans cette démarche.
Quelles tendances ou évolutions (digitalisation, métiers en pénurie, etc.) auront selon vous un impact sur la formation dans le secteur dans les prochaines années ?
L’attention croissante portée à l’environnement aura certainement un impact sur les besoins en formation, par exemple avec l’électrification des flottes de véhicules. Nous constatons également que de plus en plus de fonctions se digitalisent, y compris dans des secteurs comme la logistique, ce qui crée de nouveaux besoins en formation.
Les formations linguistiques deviennent aussi de plus en plus importantes compte tenu de la grande diversité de la population intérimaire. Et en ce qui concerne les métiers en pénurie, la liste s’allonge chaque année. Il est donc essentiel de former des personnes motivées à apprendre afin qu’elles puissent occuper ces fonctions cruciales.
Enfin : si vous étiez ministre de l’Emploi pendant un jour, quelle mesure prendriez-vous ?
Je supprimerais immédiatement les économies réalisées sur l’accompagnement de carrière. Le coaching de carrière permet aux personnes de prendre du recul et les aide à trouver un emploi plus durable dans lequel elles se sentent réellement bien. Travi a déjà expérimenté cela par le passé auprès d’intérimaires dans la région de Gand.
Pour les entreprises d’intérim, c’est un outil précieux pour mieux accompagner les intérimaires sur le long terme, tout en contribuant à améliorer l’image du secteur. J’espère donc que ce projet pilote pourra un jour être déployé à tous les intérimaires intéressés, avec le soutien financier nécessaire.